SOCIÉTÉ D'ÉTUDES BENJAMIN FONDANE

À l'écoute de l'autre N° 28

À l’écoute de l’autre

Ce Cahier 28 est placé sous le signe de l’écoute : À l’écoute de l’autre.

Écoute mon cri dans la nuit/et ouvre ton oreille avare, clame Fondane dans une des strophes alphabétiques de L’Exode.

Écoute : un écho de la prière hébraïque qui retentit dans l’œuvre entière.

Le premier vers de la Préface en prose est un appel : C’est à vous que je parle, hommes des antipodes. Mais qui sont-ils, ces hommes des antipodes ? Depuis des années, Dominique Guedj s’interroge sur leur identité. Aujourd’hui elle nous livre le résultat de ses recherches : « Les antipodes ou l’altérité existentielle ».

Agnès Lhermitte, Gisèle Vanhese et Sylvain Saura, se penchent sur l’oeuvre poétique pour y déceler les traces de cette voix qui nous interpelle sous des formes diverses.

La philosophie de Fondane ne cesse de nous interroger sur les relations qu’elle entretient avec d’autres penseurs : Serge Nicolas pour Spinoza et Margaret Teboul pour Madelrieux. Nous regrettons de ne pouvoir ajouter à ces réflexions celles d’Aurélien Demars, dont l’exposé de Peyresq en 2024 portait sur un dialogue traduit du roumain où Fondane argumente avec lui-même. Selon Jean Lescure, Fondane, lors de leurs parties d’échecs, aimait jouer contre lui-même.

Nous joignons à ce Cahier quelques inédits : des textes d’Élian Finbert et de Claude Sernet autour de L’Exode commentés par Monique Jutrin, ainsi qu’un scénario de Benjamin Fondane, Roméo et Juliette au XXe siècle.

Trois chroniques : l’une, due à Éric de Lussy, est consacrée au Mémorial de Bobigny, inauguré il y a deux ans. Un grand écriteau où s’inscrivent les vers de la Préface en prose y accueille les visiteurs. Deux autres chroniques sont signées par Agnès Lhermitte : l’une salue le spectacle de Frédéric Grosche : l’Ulysse de Fondane mis en scène à Saint-Brieuc. L’autre rend compte de l’exposition sur le Dibbouk au MAHJ.

Au moment de conclure cet éditorial, j’apprends la parution d’un recueil de poèmes de Fondane en traduction hébraïque. Le traducteur Tsuriel Assaf a découvert Fondane en écoutant sur you tube : C’est toute la douleur du monde, dit par Eve Griliquez.

Nos gratitudes à tous nos collaborateurs. À Carmen Oszi qui assume la mise en page, à Mili Pecherer qui a conçu la nouvelle couverture. À Agnès Lhermitte qui non seulement collabore mais m’accompagne et sans qui ce Cahier n’aurait pu se faire.